Éclosions artistiques

Éclosions artistiques

Pâques revisitées : Barbara Neuhaus détourne les œufs pour en faire des œuvres d’art d’une extrême délicatesse.

 

Symbole de fertilité par excellence, l’œuf est un élément clé des coutumes chrétiennes. Représentation de la résurrection de Jésus à Pâques, il se pare pour l’occasion de motifs bigarrés. Dans la commune allemande de Bischofswiesen, Barbara Neuhaus s’adonne à cette pratique artistique, armée de pinceaux… et de fraises dentaires !

 

Le bruit qu’elle produit en travaillant a de quoi donner la chair de poule. Installée sur sa terrasse dans la station hivernale de Berchtesgaden, équipée d’un masque pour se protéger la poussière, c’est à l’aide d’une fraise dentaire comme on en trouve dans le commerce que cette enseignante en sport et en biologie retire non pas des caries, mais d’infimes morceaux de coquille d’œufs de poule, d’oie, de cane ou encore d’autruche. Ses délicates créations acquièrent ainsi une légèreté presque aérienne. Pour parvenir à ce résultat, il ne lui faut pas moins de 15 à 20 heures de travail, si tant est que la coquille ne casse pas entre-temps. Fort heureusement, ce type d’incident, annoncé par un léger bruit, ne se produit que deux fois sur dix. Barbara ne s’en formalise pas, à condition que son œuvre ne se brise pas juste avant la touche finale.

 

Mais quel est donc son secret pour créer ces œufs en filigrane, qui font fureur sur les marchés de Pâques de toute l’Allemagne ? Avant de pouvoir perforer les œufs, l’artiste les vide d’abord en soufflant de toute la force de ses poumons. Ensuite, place à la « cartographie » : Barbara esquisse un modèle au crayon à papier sur la coquille. C’est alors que peut démarrer l’étape du perçage, qui exige une infinie douceur. Son record : plus d’une centaine de trous pratiqués sur un œuf d’oie à double jaune ! Une fois nettoyés, ces trésors de finesse reçoivent une touche finale : Barbara peint animaux, fleurs et motifs sur les espaces encore libres de la coquille.

 

Ces fragiles décorations pascales coûtent entre 30 et 180 euros. Lovés toute l’année dans de petites boîtes, les œufs dévoilent toute leur splendeur à Pâques. C’est à cette période-là, il y a près de 30 ans, que la passion de Barbara a éclos. Elle était alors âgée de 27 ans. Tandis qu’elle flânait parmi les étals du marché de Pâques d’Erlangen, fascinée par la foule d’œuvres réalisées à l’aide d’œufs, elle eut peu à peu envie de prendre les choses, ou plutôt la fraise dentaire de son père, en main. Chaque œuvre ainsi pondue est absolument unique.

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